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Le Chiapas

Le Chiapas

Lassés rapidement par le centre du Mexique et ses côtés négatifs, circulation, police véreuse, difficulté à trouver des bivouacs sympas chaque soir, sans pour autant y découvrir à notre goût des coins hors du commun en compensation, nous avons choisi de nous rapprocher plus rapidement que prévu de la jungle et d'une ambiance tropicale.

Direction le Chiapas en trace directe, 1000 kilomètres plus à l'est !

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De l'autoroute, de l'autoroute et encore de l'autoroute : depuis déjà assez longtemps au Mexique « continental », nous avons opté pour les cuotas, les routes payantes qui coûtent cher mais évitent en contrepartie une telle dépense d'énergie, une telle fatigue et un tel stress, que l'on ne se pose plus la question.

D'autant que pour rejoindre la plaine côtière qui borde le Golfe du Mexique depuis le plateau de Mexico et ses volcans, il y a plus de 2000 mètres à descendre en altitude : les infrastructures autoroutières - viaducs et tunnels - sont les bienvenues pour simplifier la circulation au milieu d'un convoi souvent ininterrompu de poids-lourds...

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« Nuit Pemex » au milieu des camions chargés d'ananas... En descendant au niveau de la mer, on a aussi rejoint la végétation et les cultures tropicales !

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Et après deux jours complets au volant, nous débarquons à Palenque à la tombée de la nuit !

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Pas de la meilleure des manières, puisque c'est le déluge et que surtout nous avons un pneu à plat, mais il valait mieux crever dans un village que sur l'autoroute ou perdus sur une piste !

Heureusement nous avons des pneus de rechange dans le coffre du camping-car, tout neufs et achetés en Californie (ce qui n'était pas forcément l'opération financière de l'année, mais nous permettait d'avoir avec nous les bonnes références de pneus).
Attrapé juste avant sa fermeture et après s'être faits refouler d'une première échoppe, un petit gars d'une llantera (réparateur de pneus) dans laquelle le camping-car rentre au centimètre nous fait le montage pour trois fois rien : 200 pesos (10€) pour changer trois pneus, car on en a profité pour faire des permutations.

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Le lendemain la sérénité est revenue, on a trouvé un camping bien sympa en pleine jungle, sur la route des ruines de Palenque : le Maya Bell...

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Tarification à la personne (250 pesos pour deux adultes et 60 pesos par enfant)... hum on a demandé à Chloé de se faire un minimum discrète, y a pas de petites économies !
Par ailleurs le lieu étant situé à l'intérieur du parque nacional de Palenque, si l'on arrive entre 8h00 et 16h30 (horaires d'ouverture du poste de contrôle sur la route d'accès) il faut payer la taxe du parc d'environ 35 pesos par personne, valable plusieurs jours.

Le Maya Bell c'est principalement un petit hôtel avec des bungalows et un resto, le camping étant un terrain herbeux sur la propriété où peuvent stationner quelques véhicules comme le nôtre.
Ambiance cool avec musique live quasiment tous les soirs.

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Puis ambiance de la jungle toutes les nuits : des gangs de singes hurleurs possèdent leurs quartiers dans les arbres des environs, et font honneur à leur nom !
Il faut quelques nuits pour s'y habituer...

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On a retrouvé également les petites bêtes de la végétation tropicale : scarabées géants, lucioles... et araignées diverses !

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La cité Maya de Palenque se trouve à un kilomètre à peine du camping, on s'y rend avec les vélos.
L'entrée sur le site est payante (80 pesos par adulte, indépendamment de la taxe pour le parc national), les billets se prennent au musée, construit au pied de la colline sur laquelle sont bâtis les principaux édifices.

De nombreux guides proposent leurs services, mais ce n'est en aucun cas obligatoire pour découvrir les lieux.
Comme à Teotihuacan, nous avons misé sur une visite à l'ouverture du site (à 8h00) pour profiter d'une certaine tranquillité.

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Palenque n'est pas un site immense (ou plutôt seule une petite partie de la cité est dégagée, les trois quarts des ruines étant enfouies et cachées dans la jungle épaisse) et se visite en quelques heures.
C'est vraiment l'image que l'on peut se représenter d'une cité Maya, avec tous ses temples cernés par la forêt vierge...

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Les singes hurleurs - en fond sonore quasi permanent - participent également à l'atmosphère générale des lieux !


Le « Temple des Inscriptions » au sommet de sa pyramide, qui abrite une fresque gigantesque en glyphes Maya, narrant l'histoire de la cité lors de sa période de rayonnement (aux VIème et VIIème siècles).

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À ce moment-là, Lakam Ha (Palenque est le nom donné par les Espagnols) domine la région, et un roi à la longévité extraordinaire pour cette époque dirige l'état depuis la cité : Pakal, qui a régné durant 70 ans.
On trouve qu'il a une tête sympa...

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Le tombeau de Pakal a été retrouvé sous le Temple des Inscriptions dans les années 50, il n'est pas possible de le visiter mais une réplique grandeur nature de la salle est visible au musée.
Dans le temple voisin se trouve le « Tombeau de la Reine Rouge », celui-ci est ouvert au public et c'est plutôt impressionnant...

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Quelques-uns des édifices se grimpent, avec les précautions d'usage liées aux pierres glissantes et à la déclivité des escaliers !

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Si l'on s'écarte du cœur du site, on découvre perdues dans la forêt d'autres ruines moins dégagées et mises en valeur...

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Et en contrebas de l'entrée principale (dans le premier lacet de la route qui grimpe aux ruines) il y a un sentier aménagé à travers la jungle, le Sendero Motiepá. Il faut avoir son bracelet du parc national (et donc avoir payé la taxe de 35 pesos) pour l'emprunter.

Il y a beaucoup de bifurcations, et c'est assez étendu : on a fait demi-tour après 45 minutes sans trop savoir où l'on allait en suivant le chemin que l'on supposait être le principal. Les quelques marcheurs croisés étaient tous accompagnés par un guide, finalement pour cette partie ce n'est peut-être pas forcément superflu...

À découvrir le long de ce parcours : des bassins naturels le long du torrent, et la faune locale : singes, oiseaux, serpents, dendrobates...

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Une fin d'après-midi, on a l'idée géniale de prendre les vélos pour faire quelques kilomètres en direction de la ville de Palenque, histoire de trouver un petit bar et quelques margaritas...

Deux heures et un terrible déluge de fin de journée plus tard, le trajet retour jusqu'au camping, dans la nuit noire à travers la forêt détrempée et avec nos faiblardes lampes de poche, tournera franchement à l'aventure !

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Palenque est la porte d’entrée de la jungle lacandone, du nom de la tribu amérindienne qui occupe la forêt tropicale vers le sud, jusqu'au Guatemala.
Au pied des montagnes du Chiapas, c'est également le camp de base classique pour découvrir les fameuses cascades et les bassins turquoises (ultra-touristiques) d'Agua Azul en direction de San Cristóbal de las Casas. Une route qui longe la frontière guatémaltèque, la Carretera Fronteriza permet en théorie de faire une grande boucle autour du Chiapas.

Mais cet itinéraire n'a pas bonne réputation, ou en tout cas demande une énergie conséquente : routes en très mauvais état, péages sauvages imposés à chaque traversée de village, sécurité générale un peu limite...
Pas très engageant avec notre camping-car, d'autant que l'on a déjà largement notre dose de la conduite usante au Mexique.

Alors on choisit une autre option, celle de laisser le camping-car en gardiennage au camping de Palenque et de ressortir le gros sac à dos, pour une virée de deux ou trois jours en se déplaçant en colectivo, le taxi collectif...

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Depuis le centre-ville de Palenque (20 pesos par personne depuis le camping sur la route des ruines, en arrêtant n'importe quel taxico qui revient du site archéologique), la compagnie Autotransporte Chamoán dessert Frontera Corozal, à 2h30 de route environ avec un chauffeur fou furieux.
Le terminus est le débarcadère au bord du fleuve qui marque la frontière entre le Mexique et le Guatemala sur la rive opposée.

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Le trajet en van collectif coûte 100 pesos par personne (les enfants aussi s'ils occupent un siège), et il y a une « taxe touristique » de 30 pesos à ajouter pour la communauté lacandone de Frontera Corozal.
Cette route-ci s'avère plutôt bonne - bien sûr il y a les immuables et innombrables topes à chaque traversée de village - et assez rectiligne, mais reste stressante avec un chauffeur qui en profite pour pousser à fond son véhicule...

Le bitume s'arrête à l'entrée de Frontera Corozal, et dans les rues en terre du village on croise davantage de cerditos que d'habitants !

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Le Río Usumacinta, et donc le Guatemala juste en face : Frontera Corozal nous fait penser à la Guyane avec ses petits villages endormis au bord d'un fleuve-frontière en pleine forêt tropicale...

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Il y a des piroguiers (les lancheros au Mexique comme au Guatemala) sur chaque rive.
En face (en fait un peu plus en amont sur le fleuve) au Guatemala on trouve le village de Bethel, relié ensuite par la route jusqu'à Flores, la ville-camp-de-base pour visiter le site de Tikal. On ira, mais dans un peu plus d'un mois et avec le camping-car, après être passés par le Yucatán puis le Bélize.

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Pas grand chose à faire au village, et les hébergements sont rares. On avait repéré l'Escudo Jaguar comme point de chute classique, on ne cherche pas ailleurs.
300 pesos pour une chambre sommaire à deux lits avec douches communes, mais en fait privatives puisque nous sommes les seuls clients !

Enfin pas tout à fait seuls puisqu'un gang de singes hurleurs a établi ses quartiers dans les arbres juste à côté.
En écoutant jusqu'au bout la vidéo, on peut constater que les voisins qui en ont marre des hurlements usent de méthodes assez radicales...


Le soir évidemment, on n'est pas plus nombreux au resto de l'hôtel.
On a noyé notre déception dans la triste bière Modelo, s'étant vus refuser la commande de margaritas que l'on se rêvait.

Pour une raison curieuse d'ailleurs : « la luz ». Le serveur montrant le lampadaire faiblard à l'extérieur, on a cru comprendre que l'intensité électrique disponible au village ce soir-là ne permettait pas l'utilisation d'un blender pour les cocktails, et on l'a donc encouragé - gentiment - à presser les citrons à la main.
À voir ses sourcils froncés, on a senti un léger quiproquo. Et pour cause : la luz, ça voulait signifier qu'une fois la nuit tombée, les alcools forts ne sont plus autorisés...

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Frontera Corozal est l'unique point de départ pour rejoindre le site maya de Yaxchilán, en pleine jungle et à une heure en pirogue par le fleuve.

Un trajet qu'il faut négocier au guichet de l'une des coopératives de piroguiers (l'Escudo Jaguar en est une, en parallèle à son activité hôtelière). Prix de départ exhorbitant annoncé à 1500 pesos (environ 70€) pour privatiser une pirogue, puisque nous sommes seuls dans le coin.
On propose 800 sans y croire, la fille du guichet nous rit effectivement au nez, mais l'un de ses piroguiers passe outre et s'annonce preneur pour 850 pesos (40€). Ça reste cher, mais on s'en sort bien !

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Ce tarif inclut le trajet aller-retour sur le fleuve jusqu'à Yaxchilán, les deux heures d'attente du piroguier sur place le temps que l'on explore le site, et des chalecos flambant neufs...

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Même si leur utilité paraît assez dérisoire en cas de chavirage de la pirogue, le Río Usumacinta étant farci de crocodiles !

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Les ruines de Yaxchilán sont situées sur un promontoire dans un méandre du fleuve, le cadre en pleine jungle est réellement impressionnant.
Un escalier sur lequel accoste directement le piroguier pour nous déposer, avant d'aller nous attendre un peu plus loin sur la rive, grimpe jusqu'à l'entrée du site. Un gardien vit sur place en permanence, alternant tout les quinze jours avec un autre gars.
La visite est gratuite et en autonomie, il n'y a pas de guides sur place.

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Sur le registre d'entrée, on a la surprise de constater qu'un couple de Français est déjà sur le site (on ne les croisera jamais), nous privant du privilège de l'ouverture matinale !

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Ambiance Tombraider ou Indiana Jones (selon les références de chacun) garantie !

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Les stèles et pierres gravées se retrouvent en nombre à Yaxchilán (elles datent pour la plupart d'une période allant du VIème au VIIIème siècle)...

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Ainsi que les linteaux sculptés qui font la renommée de Yaxchilán, et ont largement contribué à la reconstitution de la vie antérieure de la cité par les archéologues.

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Mais bon clairement, nous ne sommes pas des grands fanatiques du volet historique. On a adoré le site de Yaxchilán, mais pour son atmosphère d'aventure, la solitude au cœur de la jungle, et une ambiance sonore assez magique...

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Ouf le piroguier nous a attendu !

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De retour à Frontera Corozal, il y aurait d'autres possibilités d'exploration dans les environs :
  • la Selva Lacandona et ses communautés indiennes dans la forêt vierge ouvertes aux visiteurs, où l'on peut passer la nuit en hamac et partager la vie du village
  • Bonampak, un autre site Maya (moins étendu que Yaxchilán)
  • Las Guacamayas et la réserve de biosphère de Montes Azules, plus au sud en continuant sur la Carretera Fronteriza, où l'on peut observer des aras rouges
Mais on a prévu un peu trop juste pour les liquidités en partant de Palenque pour prolonger la virée. En prime, une infirmière croisée au village nous a appris qu'il y avait une recrudescence des cas de palu dans le secteur, et à Frontera Corozal en particulier.
Alors retour en colectivo jusqu'au camping-car qui nous a attendu bien sagement au camping Maya Bell à Palenque...