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Celestún

Celestún

Le Yucatán, on ne savait pas trop comment le placer dans le parcours : dès à présent au sortir du Chiapas, ou dans quelques mois en remontant d'Amérique Centrale.
D'ailleurs au départ, on n'était même pas sûrs de le placer tout court, l'image bétonnée des plages de la Riviera Maya et les cars de touristes débarquant à Tulum ou Chichén Itzá encourageant plutôt à rester à distance respectable pour les voyageurs agoraphobes et naturophiles que nous sommes.

Explorer la péninsule du Yucatán maintenant, c'est profiter d'un bon timing climatique tandis que dans 3 ou 4 mois la saison des pluies sera déjà amorcée. Mais l'idée d'écourter notre séjour dans un Mexique qui nous a un peu trop usé ces dernières semaines, en allant changer d'air au Guatemala, nous plait également pas mal...

Finalement on choisit de se lancer sans tarder au Yucatán, convaincus qu'il n'y a pas que Cancún - dont on ne s'approchera pas - mais aussi plein de coins un peu moins touristiques à découvrir sur cette vaste péninsule.
Et puis le Yucatán ce sont également des routes enfin planes et rectilignes, qui useront nettement moins l'énergie de la troupe !

Celestun

Au bord du Golfe du Mexique et à l'opposé de la Riviera Maya à l'est de la péninsule, le village de pêcheurs de Celestún, ses lagunes et ses flamants roses, paraît un bon point de chute.

En venant de Palenque et du Chiapas, on traverse donc l'état du Campeche. C'est ici que se trouve la région Puuc (plus ou moins à cheval sur la province voisine du Yucatán), une concentration de cités Mayas inégalée au Mexique.
Une route à l'intérieur de la région relie de nombreux sites, logiquement baptisée la Ruta Puuc, et ne semble pas trop fréquentée...

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En fait, la popularité des différents sites est très inégale. Uxmal, le lieu phare, n'est pas pour nous : l'entrée y est tarifée plus de 400 pesos par personne et draine la majorité des touristes dans la région.

Les sites voisins, Kabah et Labná, restent infiniment moins courus. Et le ticket d'entrée n'y excède pas 60 pesos.
Mais c'est à Edzná que nous inaugurons un nouveau concept de camping sauvage : le bivouac devant l'entrée des ruines (avec accord du gardien), que nous utiliserons également plusieurs nuits à Mayapán, un peu plus au nord...

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Outre une nuit très calme, il y a un bel avantage : être seuls au milieu des ruines le lendemain matin, à l'ouverture du site !
D'une manière générale Edzná reste lui aussi peu visité, c'est pourtant un site spectaculaire et bien mis en valeur, mais sans doute trop à l'écart des routes principales pour attirer les foules.

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Ou plutôt nous sommes les seuls humains : les ruines d'Edzná pullulent de varans et d'iguanes...

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Et les urubus (des petits vautours dont il existe plusieurs espèces au Mexique, différenciées par la couleur de leur tête) s'assurent qu'il ne traine aucun reste comestible sur les lieux !

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La pyramide la plus impressionnante d'Edzná, l'Edificio de los Cinco Pisos, est nommée en référence à ses cinq niveaux dont les salles ont la particularité d'être voûtées (mais non visitables).
L'âge d'or de la cité est estimé aux IXème et Xème siècles.

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Comme pour tous les sites Maya, les édifices sont disposés afin de générer des phénomènes remarquables lors des équinoxes et des solstices.
À Edzná, depuis les gradins qui font face au temple principal lors de l'équinoxe de printemps (21 mars) le soleil se lève exactement à travers la crête sommitale...

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Nous laissons ensuite la Ruta Puuc derrière nous, quittons le Campeche et entrons au Yucatán en approchant de Mérida, la capitale de l'état.
Le côté ruche de la ville nous effrayant un peu, on part s'isoler dans un tout petit village à une heure de route de Mérida : San Antonio Mulix. On trouve ici des puits naturels - les fameux cénotes - encore confidentiels...

Mais on reviendra sur ce coin plutôt dans le récit suivant, histoire de faire un topo groupé des cénotes au sud de Mérida, où l'on est revenus passer quelques jours après notre séjour à Celestún.

Et Celestún, on y débarque après une route parfaitement rectiligne tracée à travers la plaine côtière et les mangroves à l'ouest de Mérida, jusqu'au Golfe du Mexique...

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Camp de base de nombreux voyageurs en camping-car venant jusqu'à Celestún, transmis de famille en famille sur les routes : chez Humberto, les Villas Del Mar, quelques centaines de mètres au sud du centre-ville (où se trouve la jetée).

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Deux chambres à l'arrière de la maison du proprio pour les routards de passage, et un immense espace bétonné sous les cocotiers pour les camping-cars occasionnels. 200 pesos la première nuit puis 150 les suivantes, avec sanitaires à dispo (eau froide).

La plage est juste à côté, le village a l'air tranquille : on s'installe...

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Pour plusieurs jours !

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Humberto est un personnage qui peut légèrement dérouter...
Très sympathique et toujours prêt à rendre service d'une manière ou d'une autre, il a aussi un côté un peu perché et se lance souvent dans de longues tirades décousues, mêlant espagnol, anglais et quelques mots de français appris auprès des voyageurs qu'il reçoit.

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Il possède deux juments, et notre Mini-Lapinette profite de la gentillesse d'Humberto pour un cours accéléré.
Elle est rapidement capable de se balader en autonomie sur le terrain clôturé autour de la maison.

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Celestún est connu pour ses lagunes où viennent se rassembler des colonies de flamingos (flamants roses) de novembre à avril environ.
Le restant de l'année on les retrouve dans d'autres zones marécageuses sur la côte nord de la péninsule du Yucatán, dans les environs de Progreso et de Río Lagartos.

L'excursion habituelle se fait en lancha, le bateau à moteur classique sur les fleuves et les côtes du Mexique et des pays d'Amérique Centrale.
Mais Humberto nous propose une alternative par voie terrestre, en nous emmenant dans son tuk-tuk jusqu'au cœur des lagunes au sud du village.

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Humberto nous a demandé 300 pesos pour la sortie de deux bonnes heures, pour nous trois (les tours en lancha coûtent plus du double, à dix personnes minimum par bateau).
Les lagunes s'atteignent par des pistes défoncées, avec des passages directement dans l'eau...

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Nous sommes de très bonne heure le matin (mais les flamants roses ne s'éloignant pas des lagunes de la journée, le timing est plutôt lié aux contraintes d'Humberto, soit pour emmener ses enfants à l'école ensuite, soit pour se faire discret au village sur ses « excursions alternatives » en concurrence avec le business des bateaux pour les touristes...) et ça caille !

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Les premiers groupes de flamingos sont clairement encore en train de finir leur nuit...

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Mais le soleil a vite fait de réchauffer la colonie !

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Séance étirements au réveil !

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Humberto connait également des coins à crocodiles (en fait à peu près n'importe où dans les lagunes !) mais ils sortent en vadrouille le soir et la nuit, nous n'en verrons pas en journée.
Et vu la tête d'Humberto quand on lui a demandé si l'on ne pourrait pas revenir à la tombée de la nuit, et son exposé enflammé sur les mauvais esprits qui hantent les marais la nuit, on n'a pas insisté...

Par contre ayant bien mémorisé le parcours en tuk-tuk, on a pu retourner observer par nous-mêmes les flamants roses à plusieurs reprises les jours suivants, en vélo depuis le port de pêche.

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On a quand même assuré le coup avec la montre GPS pour ne pas se perdre parmi les multiples chemins...

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Et avons retrouvé sans trop de difficulté les stars locales !

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Quelques plans rapprochés sympas rendus possible grâce au drone, avec tout de même le stress d'effrayer la troupe et de provoquer un décollage massif.
Il suffirait qu'un oiseau le frôle d'un peu trop près pour que notre drone finisse dans la lagune...

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Un petit film en bonus !


Celestún, c'est aussi une petite place au cœur du village où il est malheureusement difficile de ne pas se faire aborder tous les dix mètres par quelqu'un qui vous propose un flamingos tour, et quelques restos de plage face au Golfe du Mexique.

Les soirées sont tranquilles, toute l'énergie a été consacrée au service du midi pour les touristes venus à la journée depuis Mérida, et ayant fait leur tour en bateau pour aller voir les flamants roses le matin.
Quelques resto-bars restent ouverts sur la plage jusqu'à 19h, mais dans l'ensemble c'est quand même assez mort une fois le soleil derrière l'horizon...

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Du coup on fait nos propres soirées margaritas devant le campement !

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Mais on n'a jamais aperçu les dauphins pourtant garantis par Humberto à chaque lever et coucher de soleil...

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