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Sainte-Lucie !

Sainte-Lucie !

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Parmi toutes les opportunités de ces quelques semaines en Martinique, j’avais mis en tête de liste - outre explorer l’île en long en large et en travers, rhumeries comprises - surfer un max, plonger un max, et découvrir Sainte-Lucie. Pour le premier objectif ce fût tout juste honorable, victime du second lui-même concrétisé par un ronflant grade de plongeur niveau 2...

Quant à Sainte-Lucie, l’île voisine au sud, les week-ends défilaient et il y avait toujours un empêchement : météo hésitante, traversée rendue trop aléatoire par le vent et la houle, "impératif" plongée. Du coup celui-ci c’était la dernière occase, étant donné qu’après deux mois et demi passés en Martinique je rentre en métropole à la fin de la semaine.

A force de baver devant des cartes postales montrant invariablement les deux pitons emblématiques de Sainte-Lucie, c'était devenu une obsession !


Alors après une dernière hésitation en voyant se profiler sur les cartes météo une onde tropicale pour la fin du week-end, présageant d’un retour possiblement mouvementé, j’ai réservé ma place sur un des petits bateaux rapides qui font la traversée au départ du village de Sainte-Luce (à ne pas confondre avec Sainte-Lucie justement) où j’habite côté Martiniquais à Rodney Bay la marina au nord de Sainte-Lucie.

Départ à 7h30 samedi matin sous un ciel sans nuage, pas de vent, sur une mer belle comme elle ne l’a pas été depuis plusieurs jours à cause des alizés plein pot qui démontaient le détroit. Avec 900 chevaux aux fesses (!) sur une mer plate, les 40km de large du canal de Sainte-Lucie qui sépare les deux îles sont avalés en un temps record : accroche ta moumoute doudou, le compteur de vitesse reste bloqué à plus de 40 nœuds...


Finalement on passe autant de temps à la douane à l’arrivée à Rodney Bay, même combat qu’en Dominique avec fouille et interrogatoire en règle… d’autant que le premier gars qui descend du bateau se fait choper avec un maxi paquet de weed et surtout pas mal de liasses de billets planquées dans ses semelles, ce qui échaude notablement les douaniers pour le restant de la file. Heureusement, Lapinette m'avait un peu coupé les cheveux et je passe sans encombre autre que de gros efforts pour comprendre le charabia anglo-créole du gars.

Le programme : trouver un scoot à louer (aucune info dénichée sur le net avant de partir sur cette possibilité) et partir à l'aventure, loin des hôtels du nord de l'île pour touristes anglo-saxons. Il m'aura quand même fallu pas loin d'une heure et demie pour trouver cette merveille, après avoir aperçu une petite affiche sur un poteau électrique et passé un coup de fil pour que le gars me l'amène.


Il m'a assuré être le seul loueur de toute l'île (je le crois volontiers, je n'ai croisé absolument aucun autre scoot et vu l'attraction dont j'ai fait l'objet dans les villages du sud, c'est plausible) et dispose à ce jour de la pléthorique flotte de deux scooters et quatre petites motos. Y a un business à développer...

Puisque je suis à Rodney Bay, j'en fais rapidement le tour. C'est pas extraordinaire, avec une densité indécente en hôtels de luxe, mais j'étais prévenu.


Pour résumer, une enclave très occidentalisée dans une île des Caraïbes, dans le style de Punta Cana en République Dominicaine par exemple. Inutile de dire que dans le coin, vous pouvez toujours courir pour trouver des accras au coin de la rue...


Mais Sainte-Lucie ne se résume heureusement pas à ça bien au contraire... d'ailleurs même à Rodney Bay, en tournant le dos aux hôtels, j'ai la magnifique plage de Reduit pour moi tout seul ;


Cap au sud donc, en longeant la côte vers la jungle, les villages de pêcheurs, Soufrière et les fameux pitons...


Le scoot carbure bien, c'est un 125cc et ça tombe bien parce qu'il est prévu que ça grimpe sérieusement en approchant des montagnes. Et puis la conduite à gauche, héritage anglo-saxon oblige, me rappelle de bons souvenirs indonésiens en deux-roues...
Non, le seul problème c'est ce foutu casque de pompier qui fait même marrer les chèvres.


Passé Castries la petite capitale de Sainte-Lucie, ça devient nettement plus sauvage et les villages s'espacent.
Marigot Bay a encore des allures de port de plaisance...


Mais ensuite Roseau, Anse La Raye puis Canaries, sont de petits villages de pêcheurs dans le plus pur style des Caraïbes avec des maisons de toutes les couleurs !


Ensuite la route s'enfonce dans la jungle et les montagnes, avant de redescendre sur le village de Soufrière. Une vingtaine de kilomètres suffisants pour que le ciel se plombe complètement et que je me tienne prêt à dégainer ma cape de pluie...
Et j'arrive en vue des deux pitons avec les premières gouttes...


En fait de gouttes, j'ai pris un énorme déluge sur la tronche dans la longue descente vers Soufrière. Epique, avec des torrents d'eau marron qui dévalaient la pente et les épingles à cheveux négociées quasiment à l'arrêt.
Cape de pluie ou pas, j'étais une éponge en frappant à la porte de la petite guesthouse que j'avais plus ou moins repérée avant de partir, sur les hauteurs de la ville.


Mais ça se dégage vite sous les tropiques, et en ayant à peine pris le temps de déballer les affaires détrempées dans ma piaule, je peux repartir jeter un oeil à la plage du village, face au Petit Piton...


Mes ambitions de plongée saint-lucienne tournent court : le premier club est tenu par un patron adventiste donc est fermé le samedi, le second exige une première plongée d'appréciation depuis la plage ("shore dive") avant de découvrir d'autres spots plus sympas. N'importe quoi... tarifée autant qu'une plongée normale en plus. Je suis parti pas copain avec le mec, sérieux ça sert à quoi d'avoir une carte de plongeur dans ce cas-là ?

Du coup ça sera snorkeling, direction l'Anse Chastanet pas très loin d'ici, réputée particulièrement chouette sous l'eau comme en dehors. Et en ignorant l'interdiction formelle du loueur de scoot d'emprunter la piste qui y mène, en raison d'un passif important en chutes (bon oui c'est vrai que c'est casse-gueule en deux-roues, chemin glissant et pentu oblige, mais sans y aller comme un bourrin ça passe relativement sans problème).
La vue sur les deux pitons est superbe...


Et puis au bout, ça en vaut la peine ;


En fait il y a un hôtel qui occupe la plage. Mais il est plutôt bien planqué dans la jungle, rien à voir avec les immeubles de trois étages de Rodney Bay au nord de l'île...
Les bungalows de l'Anse Chastanet, on ne vous cache pas qu'on les avait repérés avec Lapinette quand on réfléchissait à Sainte-Lucie ;)

Sous la surface c'est effectivement pas mal du tout, avec un tombant qui démarre assez proche de la plage... par contre en apnée c'est sportif pour l'explorer, le haut du récif étant déjà à 7-8m de profondeur.
En tout cas le coin est sacrément peuplé !


Retour au village pour faire quelques courses, alpagué une bonne dizaine de fois par "the best guide of the island" (jamais le même !), et installation dans mon home sweet caribbean home !


Avec une vue imprenable sur la baie de Soufrière...


Bonne adresse, pas chère, et les proprios m'ont même pas engueulé pour avoir paumé en me baignant la seule clé qu'ils avaient de ma chambre, et passé une demie-heure avant de parvenir à crocheter la serrure.


Une fois la nuit tombée, la musique s'élève des rues du village... Pauvre Cat Stevens, mais vive l'ambiance caribéenne !


Timing assez serré le dimanche, le bateau part à 14h et j'ai rendez-vous avec le loueur de scoot à 13h30 à la marina de Rodney Bay, sachant qu'il m'a fallu plus de deux heures de route à l'aller en vadrouillant un peu... et que vu les nuages, j'ai intérêt à prévoir large si jamais il se met à flotter.

Je pousse quand même l'exploration un peu au sud du village, pour m'approcher au plus près du Petit et du Gros Piton. Par contre je fais une croix sur tout ce qui est sources chaudes et autres points d'intérêt géothermiques qui donnent son nom à Soufrière. Dommage y avait l'air d'avoir des trucs marrants, mais je manque de temps.

Panorama sur la baie...


Le Petit Piton...


Une petite route permet d'accéder à l'Anse Jalousie, la baie coincée entre les deux pitons. En fait le site est privé, occupé par l'hôtel Hilton complètement isolé dans ce coin perdu de l'île. Mais les vigiles ne font pas trop de zèle et m'ont laissé accéder à la plage... à condition de garer mon scoot tout en haut de la côte :(
Gros Piton à gauche...


Petit Piton à droite...


Je jette un oeil sous la surface, surprise le fond est habité par des dizaines d'anguilles jardinières, je crois d'ailleurs que c'est la première fois que j'en vois !


Pas le temps d'aller plus loin, j'aurais pourtant bien aimé continuer à longer la côte vers le sud jusqu'à la pointe et apercevoir Saint-Vincent... Ça sera pour une prochaine fois avec Lapinette, là pour une première idée de Sainte-Lucie c'est déjà pas mal.
Du coup je m'attaque au trajet retour en laissant derrière moi les pitons...


Une dernière crique pour la route !


J'arrive avec un peu d'avance à Rodney Bay, du coup je poursuis la route jusqu'au nord de la baie et Pigeon Point, une presqu'île réputée pour ses plages et le snorkeling...


Ce que j'avais pas prévu c'est que le site est une réserve et qu'il faut raquer à l'entrée... mais j'ai plus un dollar caribéen en poche, j'ai laissé tomber.
Je rends mon scoot qui aura tourné comme une horloge sur les routes escarpées de l'île et m'aura permis un chouette week-end en mode routard !


Comme présenti, la traversée retour a été rock'n roll. Le vent s'était levé, et dans le canal les creux étaient impressionnants. On a mis beaucoup plus de temps qu'à l'aller, et j'avais beaucoup plus mal aux fesses à la fin...

Bref ce premier aperçu de Sainte-Lucie met l'eau à la bouche, et puis c'est quand même relativement simple de s'y rendre depuis la Martinique. Hormis la zone aseptisée de Rodney Bay au nord de l'île, c'est assez roots comparée à sa voisine française, mais pas non plus le monde à part de la Dominique qui garde quand même très largement ma préférence !
Les locaux sont plutôt cools et je ne compte pas les gestes amicaux au bord de la route. Et comme en Indo, à chaque arrêt j'étais assailli par une meute de gamins en furie (mais ici ils crient "hello sir", on ne badine pas avec l'héritage anglo-saxon !)...

En bref, une destination facile (les routes sont en bon état en plus) avec des paysages somptueux !

LES BONS PLANS DES LAPINOUS...
prix indicatifs en East Caribbean dollars, 1€ ~ 3,80EC$
 
  pour la location de scooter à Sainte-Lucie...
Scottie's Rental, je n'en ai pas vu d'autres et de toutes façons il est très bien. Un coup de fil et il vous apporte le scooter où vous voulez ("free pick up and drop off"). Du coup je ne sais même pas où il est basé vu qu'on a fait les papiers à la marina et que je lui ai rendu l'engin au même endroit.
Tel : 450 1404 ou 584 8722 (avec un portable français il faut rajouter 001 758 devant)
Tarif : 115EC$ (43US$) le 125cc pour 24h, assurance et taxe gouvernementale comprises. Il m'a fait le "week-end raccourci" (samedi 10h - dimanche 14h) à 135EC$ (50US$).
 
  pour un hébergement sympa à Soufrière...
Cascara Guesthouse, à la sortie du village en direction des pitons. Quelques petits studios basiques (mais il y a un frigo et de quoi faire sa popote) avec salle de bains et balcon ou terrasse, dans une propriété sur les hauteurs. Un peu vieillot et rafistolé, mais la vue est extraordinaire en particulier depuis le studio qui fait l'angle.
J'ai payé 100EC$ la nuit, sachant qu'ils ont aussi quelques chambres toutes simples en contrebas à prix réduit, auxquelles je n'ai même pas jeté un oeil tellement le studio m'avait emballé...
Pas de contact mail. C'est le genre petit hébergement local sans site internet, mais je l'avais repéré via le Lonely Planet (celui en français sur la Martinique qui a une partie sur Sainte-Lucie, ou le gros en anglais qui compile toute la Caraïbe) et ils donnent le numéro de téléphone : (00 1758) 459 7581.