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El Rosario

El Rosario

Entre Guadalajara et Mexico, nous avions coché la migration des papillons monarques dans les montagnes du Michoacán comme un point de passage quasi incontournable.

Plusieurs lieux sont propices à l'observation des monarques, regroupés par millions sur des sites d'hivernage de décembre à mars, dans un rayon d'une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de la ville de Toluca, protégés au sein des forêts de sapins de la Reserva de la Biósfera Santuario Mariposa Monarca.

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Pas moins de 4 entrées officielles mènent, au bout de randonnées plus ou moins ardues, jusqu'aux points de regroupement habituels des papillons monarques :
Tous les accès se trouvant au bout de petites routes de montagne et situés à plus de 3000m d'altitude, avec le camping-car notre critère de choix prépondérant reste le moins pire itinéraire : on opte pour El Rosario.

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C'est un petit village de montagne que l'on rejoint par une route en lacets depuis Ocampo, dans la vallée 1000 mètres plus bas.
Et Ocampo, c'est déjà assez à l'écart des routes principales...

Ici plus qu'ailleurs, les habitants ont réduit les forêts pour cultiver des champs et exploiter le bois. C'est une source de tension avec les gardes de la réserve, et des assassinats d'écologistes un peu radicaux ont eu lieu, pas plus tard que cette année... ¡ Pues es México !

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Les monarques se rassemblent sur les oyamels, une variété de sapin qui couvre les montagnes du centre du Mexique et crée un environnement optimal pour leur survie à des hauteurs particulièrement elevées (les rassemblements de papillons se font généralement aux alentours de 3500m d'altitude).
L'entrée du « sanctuaire » d'El Rosario se trouve en haut du village, à la limite de la forêt.

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L'afflux de visiteurs a developpé une véritable rue d'échoppes, principalement dédiées aux en-cas et aux repas du midi des marcheurs qui montent vers les papillons, ou en redescendent.
Étant partis de bonne heure de notre bivouac (à Irimbo, à 1h30 de route) pour être à El Rosario dès l'ouverture de l'accès au sentier, à 9h00, nous avons du coup évité pas mal de sollicitations...

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Le ticket d'entrée coûte 50 pesos (2€50) par adulte et inclut d'office un guide, qui en réalité nous escorte plutôt qu'elle ne nous donne d'infos. Le sentier qui mène jusqu'à la zone de forêt où se concentre les papillons est nettement jalonné tout du long, il est impossible de s'égarer.
Notre accompagnatrice n'est pas bavarde, mais de toutes façons l'ascension pentue à plus de 3000m coupe le souffle de tout le monde...

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Le rythme annuel des papillons monarques, qui les mène sur 5000 kilomètres du Canada au centre du Mexique puis en sens inverse, est un phénomène incroyable, pas simple à synthétiser en quelques lignes...

Quatre - voire cinq - générations successives de papillons sont nécessaires pour accomplir ce périple. La durée de vie des premières générations est de deux à trois semaines, alors que la dernière génération – celle qui achève la migration - vit environ huit mois !

Et à l'heure actuelle, personne n'a découvert comment ils s'orientaient depuis quasiment n'importe où en Amérique du Nord pour tous revenir chaque année dans ce coin précis des montagnes du Michoacán.

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Les premiers papillons rencontrés, au milieu de la montée, paraissent encore un peu mollassons...
Au fur et à mesure que la journée se réchauffe, ils s'activent et descendent en altitude, et au retour il en voltigera partout jusqu'au village.

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Nous, c'est l'altitude qui nous impacte fortement. Il y a moins d'une semaine nous étions encore au niveau de la mer, et jusqu'à la veille nous avions plafonné à 1500m maximum, il n'y a pas eu d'acclimatation en débarquant à El Rosario (le départ de la rando se trouve à 3100m d'altitude).

Lapinette manque de tomber dans les pommes, Mini-Lapinette se plaint de voir en noir et blanc... c'est pas la grande forme et on doit grimper très progressivement.

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Au début on s'enflammait pour un ou deux papillons, après une grosse demi-heure de marche ils se comptent déjà par dizaines !

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Mais ça n'est absolument rien comparé à la suite...
Au bout d'une petite heure de montée et 300 mètres de dénivelé grimpés, nous approchons de la zone de rassemblement des monarques (qui varie dans la forêt d'une année sur l'autre).

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On ne savait pas à quoi s'attendre, et c'est en fait une expérience hors-normes...

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Comme évoqué un peu avant, les monarques que l'on retrouve ici sont ceux de la « dernière génération ».
Ils sont nés un peu partout à la fin de l'été précédent sur les aires de reproduction estivale, un territoire immense qui couvre la moitié nord des États-Unis et le sud du Canada : sur la côte est des États-Unis, dans la région des Grands Lacs, dans les plaines du Dakota ou de la Saskatchewan, dans les Montagnes Rocheuses...

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Ce sont eux les grands migrateurs qui ont parcouru par petits groupes les milliers de kilomètres jusqu'à cet endroit du Mexique, où ils se rassemblent tous en colonies et reprennent des forces de décembre à mars environ, sous un climat et dans un environnement qui leur est adapté.

À la fin de l'hiver, leur migration printanière les fait ensuite remonter vers le nord, mais il faudra cette fois trois ou quatre générations successives de papillons pour revenir au point de départ : chacune poursuit le trajet de la génération précédente, en volant un ou deux milliers de kilomètres, puis en se reproduisant juste avant de mourir. Ces papillons ne vivent que quelques semaines chacun, et se répartissent progressivement à travers les États-Unis et le Canada.

En fait les monarques synchronisent habilement leur voyage-retour avec la pousse (dès le printemps au sud, puis en été plus au nord) d'une plante bien particulière sur laquelle ils pondent, qui sert ensuite d’aliment aux chenilles, et permet même aux chenilles comme aux papillons de se protéger des prédateurs car elle les rend toxiques.

Enfin la génération qui aura achevé le retour vers le nord donnera naissance à celle qui entreprendra la grande migration jusqu'au Mexique, pour un nouveau cycle...

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Quant à se retrouver au milieu de la colonie, c'est absolument inouï.
Tout, absolument tout, est recouvert de papillons !

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Et on fait également partie des supports potentiels !

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Le point le plus important à savoir pour la visite : les monarques ne s'activent que lorsque la température se réchauffe suffisamment. Le reste du temps ils se tiennent ailes repliées et immobiles sur les troncs et les branches, c'est moins spectaculaire.

Par conséquent, il faut choisir une journée ensoleillée, et ajuster son timing. Les papillons commencent à voltiger en milieu de matinée (vers 10h30) et leur activité est maximale entre la fin de la matinée et le milieu de l'après-midi (grosso modo de 11h à 15h).
Mais en contrepartie, dès midi les visiteurs affluent en nombre, le temps de faire la route depuis l'agglomération de Mexico...

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Alors notre conseil c'est de jeter un œil à la météo, et de s'organiser pour se trouver entre 11h et midi sur le site où se trouvent les monarques, en comptant une heure de marche depuis le parking à El Rosario.
Les papillons voleront dans tous les sens, et il n'y aura pas trop de monde.

Nous sommes également le 6 janvier, jour de l'Épiphanie en France, Día de Reyes en Amérique Latine comme en Espagne.
Alors pour la récupération post-rando, rien de mieux qu'une rosca de reyes traditionnelle et bourrée de sucre !

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